Rallye-raid : pourquoi le Dakar a de l’avenir !

Décriée en France, l’épreuve, qui vient de s’achever au Pérou, cumule bonne participation et audiences conséquentes, en attendant la prochaine édition.

Par (à Pisco, Pérou)

Dans la plupart des pays d’Amérique latine, ce mois de janvier est le début des vacances d’été. Le soleil est à son zénith, les places des villages colorées et festives et les enfants veillent tard le soir au côté de leurs parents. Depuis dix ans, les concurrents du Dakar ont pris l’habitude de voir ses scènes estivales sur les bords des routes. Avec l’arrivée de l’épreuve en 2009, à la suite du l’annulation du Dakar précédent pour cause de risque terroriste en Afrique de l’Ouest, le rallye-raid le plus éprouvant du monde prend des allures de Tour de France.

9 heures de programme quotidien sur la Fox

Durant les liaisons, des milliers de spectateurs sont massés au bord des routes. Même au cœur des spéciales, sur les crêtes des dunes ou en haut des canyons, certains téméraires se pressent parfois, de quoi prêter main-forte aux concurrents en cas de galère et d’immortaliser le moment. Si le sport automobile semble moins avoir la côte en France, l’Amérique latine en raffole. 334 pilotes y ont participé, soit des chiffres équivalents aux années précédentes (335 l’an dernier, 317 en 2017, 347 en 2016). Pour suivre l’événement, Fox Desportes – l’un des principaux bouquets de chaînes dédiés au sport en Amérique latine – consacre neuf heures de programme quotidien à l’événement. « Nous sommes très fiers d’accueillir un tel événement d’envergure mondiale, confie au Point Leticia Datena, journaliste brésilienne de la Fox. Pendant l’année, chacun espère que le rallye viendra dans son pays. Et les pilotes sont considérés comme de vrais héros. » Les figures locales sont acclamées comme les stars internationales, à l’image des drapeaux Qataris brandis sur le bord des routes pour encourager l’actuel vainqueur du Dakar, Nasser Al-Attiyah.

Des audiences plus élevées que certains GP de F1 !

La vitalité de l’épreuve se constate – et c’est plus surprenant – dans l’Hexagone. Pourtant décriée et fortement critiquée, l’épreuve inventée par Thierry Sabine, a su trouver son audience pendant les dix jours de la compétition. L’émission Le Dakar, diffusé au quotidien sur France 4 a réuni en moyenne 640 000 téléspectateurs avec une pointe à 820 000 mercredi dernier, un record pour l’émission depuis 2016. Le Journal du Dakar, programmé à la place de Tout le sport, a rassemblé 2 millions de téléspectateurs. Sur le Net, France Télévisions compte 2,20 millions de visites, soit une progression de 53 % par rapport à l’année précédente. « Nous démontrons qu’il reste un public important, en France, qui apprécie le sport automobile, souligne un journaliste de France Télévisions. Le rallye-raid tire son épingle du jeu par rapport aux autres événements : l’émission Le Dakar a parfois dépassé les audiences que fait Canal+ pour les Grands Prix de F1. »

« Les gens ont besoin de rêver »

Sur le bivouac, les pilotes apprécient. S’il est difficile d’avoir une vue globale des retombées sur les réseaux sociaux alors que l’épreuve vient de s’arrêter, tous constatent davantage d’interaction avec les fans. « C’est impressionnant le nombre de messages que j’ai reçus », explique Antoine Rigaudeau, un motard qui y participe pour la première fois. « Je pense que les gens sont sensibles à la dimension aventure du Dakar qui leur permettent de s’évader », ajoute Romain Leloup, qui dispute son second Dakar.

Même constat pour le meilleur motard français de ce Dakar, Xavier de Soultrait : « En ces temps durs, les gens ont besoin de rêver. Il n’y a rien de mieux que le rallye-raid pour ça : tous les jours, les spectateurs voient des gens qui vont au bout d’eux-mêmes, qui donnent tout et qui démontrent que rien n’est impossible. »

Les organisateurs préparent déjà activement la prochaine édition. Si Étienne Lavigne, le patron de l’épreuve, a concédé avoir évoqué un retour du Dakar en Afrique pour faire pression sur les pays sud-américains, l’épreuve 2020 a peu de chances de quitter l’Amérique latine. L’enthousiasme populaire ne s’est pas tari cette année, même si les difficultés économiques de l’Argentine et du Chili ont poussé ces deux pays à renoncer à organiser l’épreuve. Pourtant, d’après plusieurs sources concordantes, le Chili, l’Argentine et le Paraguay tiendraient la corde pour composer le parcours de l’an prochain. L’officialisation devait avoir lieu en mars prochain.

Article disponible sur www.lepoint.fr

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